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MUSIQUES EN CÔTE DES LÉGENDES Musiques en Côte des Légendes |
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Vendredi 7 août
11h30 : Concert d’ouverture – Les musiques de film pour piano Adrian Herpe et Nika Sidor avaient placé le concert d’ouverture de la sixième édition des « Trois Jours de Piano de Brignogan » sous le signe du cinéma : ils nous ont offert un bel assortiment de musiques de films qui pour beaucoup d’entre elles « possèdent une vie propre, bien au-delà de l’écran » comme le précise Adrian Herpe. La nouveauté et l’apport de ce concert est que ces musiques ont été adaptées pour le piano, parfois pour quatre mains, par des compositeurs contemporains et même certaines par Adrian Herpe et Nika Sidor eux-mêmes ! Et ainsi on redécouvre le monument que représente aujourd’hui la musique de « La guerre des étoiles » interprété par les deux pianistes avec une autre dimension, de même pour Interstellar. Nika Sidor apporte sa poésie dans les airs d’Amélie Poulain ou de « Danse for me, Wallis », sa grâce dans l’interprétation de Philip Glass. Et toujours le talent d’interprète de Adrian Herpe qui fait passer l’émotion y compris dans les grands standards de « Le bon, la brute et le truand » jusquà « Pirate des Caraïbes ». Le bonheur de jouer et de partager se poursuit ensuite autour du buffet – approvisionné par nos sponsors (Hôtel de la Butte de Plouider, Biocoop Lesneven et Huitres Legris Plouguerneau) et servi par les bénévoles de l’association « Musiques en Côte des Légendes » sur l’esplanade devant la chapelle.
Photo : Alain Corréa
- 21h15 : concert-concept
« Nocturnes »
Un programme qui « explore les multiples visages de la nuit ». Le public est entré dans la chapelle vers 21h15. Les rayons bas du soleil faisaient encore luire les vitraux colorés, juste le temps du soir « Abend » de Robert Schumann à qui Adrian Herpe donne une profondeur émouvante. Ils poursuivent avec Debussy à quatre mains. Et puis la nuit est tombée et c’est l’heure de son « Clair de lune » inspiré, inspirant par Adrian. La nuit est là, partout, noire, pas de bruit, pas de chuchotements, et l’ambiance est douce, feutrée, attentive au romantisme du nocturne de Respighi, on entendrait presque dans nos têtes le bruissement des feuillages des pins de Rome. Scriabine, Bartók, autant de bijoux, de sons de la nuit, dans la nuit … Magnifique ! L’écoute dans le silence avec juste quelques applaudissements rapides, juste parce qu’il faut quand même partager ce moment exceptionnel. Et pour finir l’envolée de la « nuit sur le Mont chauve » de Moussorgski, dans un arrangement pour piano à quatre mains, on se laisse captiver, emporter par tant de vigueur, tant d’harmonie, tant de talent ! Et là le tonnerre d’applaudissements dans la lumière. Quelle nuit !
Photo : Alain Corréa Photo : Alain Corréa
Samedi 8 août
- De 10h à 13h
: masterclasses
« C’était génial, je n’avais jamais ressenti ça quand Adrian a joué la fin, j’ai trop hâte qu’il revienne » Objectif atteint pour Adrian Herpe qui voit dans ces masterclasses non pas seulement un moment pour des conseils techniques mais surtout l’occasion de s’ouvrir à différentes façons de penser une œuvre, d’écouter, de construire un discours musical. Six « élèves » ont ainsi pu encore cette année bénéficier de ce moment privilégié d’écoute et d’échanges. Adrian Herpe a la volonté de leur transmettre cet état d’esprit : développer leur personnalité, leur imagination et leur autonomie, plutôt que de chercher une version idéale. Un moment passionnant aussi pour le public qui apprécie l’empathie du pianiste, son écoute, son talent pour identifier les pistes d’amélioration, la pertinence de ses remarques.
Il a en plus apporté des précisions qui montrent son attachement à la manière dont elle est interprétée. Il précise « Sonate pour piano à deux mains », comme pour éviter les éventuels arrangements pour piano à quatre ou six mains comme on le faisait à l’époque, voire avec un orchestre. Il la voulait interprétée par un seul pianiste. Adrian Herpe prévient : « Cette sonate est lumineuse, presque joyeuse. Il faut prendre du temps pour l’écoute et rentrer dans un état qui fera savourer chaque note ». Un long premier mouvement et ses accords suspendus comme une vibration, que l’interprétation de Adrian Herpe magnifie en équilibre entre calme et ténèbres sous-jacentes. Si au deuxième mouvement le piano de Adrian Herpe poursuit ce thème comme un lied, presque un chant tellement attaché à la personnalité de Schubert, il nous emporte au troisième mouvement dans un menuet plein de vigueur, tempéré en son milieu par un instant retenu comme un rêve de danse et termine par un magnifique mouvement inspiré des danses villageoises ancêtres des valses. Tumultueux, dramatique, joyeux et profondément sincère, des qualificatifs qui s’accordent à cette sonate et aussi à l’interprétation émouvante de Adrian Herpe.
Dimanche 9 août
- De 10h à 13h : masterclasses
- 18h00 : Concert de clôture & Grand Débat « Rompre le fil ? La Nouvelle École de Vienne et l’avenir de la musique »
La tonalité est un système qui régit la musique occidentale depuis le XVIe siècle. C’est dire si sa remise en cause a fait l’effet d’une révolution dans le début du XXe à Vienne. Pourtant Adrian Herpe nous a montré comment déjà Brahms, comme dans cet intermezzo op.119 n°1 interprété par Nika Sidor, avait commencé à s’éloigner de cette tonalité. Et ensuite comment Schoenberg poursuivant cette remise en question va inventer un langage jamais entendu auparavant. Plus de hiérarchie dans les notes, l’importance des silences, des rythmes … on assiste à la naissance de la musique dodécaphonique qui apparaît comme le chaos en musique, alors qu’elle obéit à des règles très strictes de composition au point qu’on a pu parler de « musique intellectuelle ». Alban Berg et Anton Webern vont lui donner ses lettres de noblesse, et on retrouve cette influence chez les grands compositeurs français comme Pierre Boulez, Olivier Messiaen … L’explication illustrée par des exemples interprétés par Adrian Herpe et Nika Sidor aide à comprendre la logique de la démarche et fait comprendre aussi comment notre oreille est formatée pour entendre la musique occidentale traditionnelle, contrairement à d’autres civilisations d’origines différentes. Comme la musique indienne avec ses vingt-sept notes. Après des échanges animés sur l’avenir de la musique à partir de ces exemples, Adrian Herpe et Nika Sidor ont interprété avec talent et engagement la sonate pour piano de Francis Poulenc qui a conforté le public dans l’idée que la musique actuelle saura sortir de la polémique sur ces évolutions radicales pour explorer ces voies nouvelles et intégrer en toute liberté dans un système tonal, les possibilités désormais ouvertes.
Pour en savoir plus sur Adrian
Herpe :
https://www.adrianherpe.com/
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